Amanite panthère (Amanita pantherina) au chapeau brun couvert de flocons blancs, dans les feuilles mortes
Champignon toxique · Amanitaceae

Amanite panthère
Syndrome panthérinien

Amanita pantherina

Toxicité
ToxiqueNon mortelle en général
Saison
Août — NovPic en automne
Habitat
Forêts feuillus & conifèresSols argilo-calcaires
Latence
30 min — 3hSyndrome résorptif court
Famille
AmanitaceaeBulbe à bourrelet net
01 — Présentation

Le bulbe
qui trahit le danger

L'Amanite panthère (Amanita pantherina) est un champignon toxique responsable chaque année d'intoxications sérieuses en France, souvent par confusion avec des amanites comestibles. Elle doit son nom à son chapeau brun tacheté de flocons blancs, qui rappelle le pelage d'un fauve.

On la connaît aussi sous le nom de fausse golmotte, en référence à sa ressemblance avec l'amanite rougissante comestible, dite golmotte dans certaines régions. C'est précisément cette confusion qui rend l'amanite panthère dangereuse.

Elle appartient à la famille des Amanitaceae. Contrairement à l'amanite phalloïde, elle n'est généralement pas mortelle, mais provoque une intoxication neuropsychique sérieuse, le syndrome panthérinien, pouvant être grave chez les enfants.

Toxicité
Sérieuse
Syndrome panthérinien
Identification
Délicate
Confusions fréquentes
Fréquence
Fréquente
Cause majeure d'intoxication
02 — Identification

Comment la
reconnaître ?

Un critère est décisif entre tous : la forme du bulbe à la base du pied, muni d'un bourrelet net comme un col roulé.

Chapeau
Jusqu'à 12 cm, brun à beige-brun, couvert de flocons blancs réguliers et bien individualisés. Bord nettement strié.
Lames
Libres, blanches, jamais roses ni brunes.
Pied
Jusqu'à 12 cm, blanc, muni d'un anneau membraneux blanc fragile. Base renflée en bulbe à bourrelet net, formant un rebord régulier comme un col roulé, bien distinct d'une volve en sac.
Chair
Blanche, qui ne rougit jamais à la coupe ni au frottement.
Odeur
Faible, sans caractère particulier.
Toxines
Acide iboténique et muscimol, responsables du syndrome panthérinien. Ces toxines résistent à la cuisson.
Critère absolu
Déterrez toujours le pied en entier pour examiner le bulbe. Le bourrelet net et régulier, comme un col roulé, associé à une chair qui ne rougit jamais, permet de distinguer l'amanite panthère de ses sosies comestibles.
03 — Quand la trouver

Calendrier
de fructification

Elle apparaît de la fin de l'été à la fin de l'automne, avec un pic marqué en septembre et octobre, en même temps que la plupart des amanites comestibles avec lesquelles elle est confondue.

Jan
Fév
Mar
Avr
Mai
Jun
Jul
Aoû
Sep
Oct
Nov
Déc
04 — Où la trouver

Habitat
& distribution

Elle pousse en forêt, plutôt sous les feuillus sur sols argilo-calcaires, mais aussi sous les conifères sur sols siliceux. Espèce mycorhizienne commune, elle apparaît généralement en petits groupes.

Son habitat recoupe largement celui des amanites comestibles avec lesquelles elle est confondue, ce qui explique la fréquence des accidents lors des cueillettes.

Précaution
Toute amanite au chapeau brun tacheté de blanc trouvée en forêt doit être examinée avec la plus grande prudence. Vérifiez systématiquement le bulbe et la réaction de la chair avant toute récolte d'amanite.
05 — Confusions

Peut-on
la confondre ?

Oui, avec des amanites comestibles très recherchées. C'est précisément cette ressemblance qui rend l'amanite panthère si dangereuse.

Amanite rougissante, golmotte (Amanita rubescens)
Comestible cuite, c'est la confusion la plus fréquente. Sa chair rougit nettement à la coupe et au frottement, contrairement à celle de l'amanite panthère qui reste blanche. Son bulbe est également moins net, sans le bourrelet caractéristique.
Amanite épaisse (Amanita spissa / excelsa)
Comestible, souvent confondue également. Chapeau plus gris-brun, flocons moins réguliers, chair ne rougissant pas mais odeur souvent plus marquée de radis.
Amanite tue-mouches (Amanita muscaria)
Toxique également, provoque le même syndrome panthérinien mais généralement moins sévère, sans convulsions. Chapeau rouge vif, bien plus facile à distinguer visuellement.
Règle de sécurité
Ne cueillez jamais une amanite sans vérifier la forme complète du bulbe et la réaction de la chair à la coupe. Au moindre doute, ne consommez pas et faites contrôler votre récolte par un pharmacien ou un mycologue.
Syndrome & toxicité

Syndrome panthérinien
et conduite à tenir

Les toxines, acide iboténique et muscimol, résistent à la cuisson. Une intoxication se déroule en deux phases distinctes, avec un délai d'apparition court.

Déroulé de l'intoxication
  • Latence : 30 minutes à 3 heures après l'ingestion
  • Phase d'excitation : agitation, confusion, délire, hallucinations
  • Cas graves : convulsions, surtout chez l'enfant
  • Phase de sommeil : torpeur profonde, coma possible
  • Traitement : symptomatique, pas d'antidote spécifique
Que faire en cas d'ingestion
01
Appeler immédiatement le centre antipoison (3114) ou le SAMU (15), même sans symptôme visible.
02
Conserver un échantillon du champignon, ou une photo, pour faciliter l'identification par les secours.
03
Ne pas faire vomir sans avis médical explicite.
04
Surveiller la personne en continu jusqu'à la prise en charge médicale, en particulier un enfant.
Questions fréquentes

Tout savoir sur
l'amanite panthère

Où trouve-t-on l'amanite panthère ?
Elle pousse en forêt, plutôt sous les feuillus sur sols argilo-calcaires, mais aussi sous les conifères sur sols siliceux. Elle apparaît généralement en petits groupes, de la fin de l'été à la fin de l'automne.
L'amanite panthère est-elle mortelle ?
Non, elle n'est généralement pas mortelle, mais elle provoque une intoxication neuropsychique sérieuse appelée syndrome panthérinien, pouvant entraîner des convulsions, en particulier chez les enfants. Toute ingestion doit être prise au sérieux et signalée immédiatement à un centre antipoison.
Quels sont les symptômes d'une intoxication ?
Les symptômes apparaissent 30 minutes à 3 heures après l'ingestion. Une première phase d'excitation associe agitation, confusion, hallucinations et parfois convulsions, suivie d'une phase de sommeil profond pouvant aller jusqu'au coma dans les cas graves.
Comment différencier l'amanite panthère de l'amanite rougissante comestible ?
La confusion la plus fréquente se fait avec l'amanite rougissante, dite golmotte. Sa chair rougit nettement à la coupe ou au frottement, contrairement à celle de l'amanite panthère qui reste blanche. Le bulbe de l'amanite panthère présente en plus un bourrelet net et régulier, comme un col roulé, absent chez l'amanite rougissante.
Que faire en cas d'ingestion ?
Contactez immédiatement le centre antipoison (3114) ou le SAMU (15), même en l'absence de symptômes. Conservez si possible un exemplaire du champignon ou prenez-le en photo pour faciliter le diagnostic. Ne provoquez pas de vomissements sans avis médical.
La cuisson détruit-elle la toxicité ?
Non, les toxines de l'amanite panthère résistent à la chaleur. La cuisson ne neutralise pas le danger. Seul le séchage réduit une partie de la toxicité, mais ne la supprime pas.