Connaître la famille d'un champignon, c'est déjà avoir la moitié de la réponse. Chaque famille partage des critères morphologiques communs : forme du pied, nature des spores, présence d'un voile, type de chair. Ce guide classe les 12 grandes familles et leurs espèces phares.
Répondez aux questions suivantes selon ce que vous observez sur votre spécimen.
Pied charnu, chapeau en coussin, face inférieure en éponge (tubes et pores). Pas de lamelles. La plupart sont comestibles — éviter uniquement les pores rouges.
La famille la plus dangereuse. Lamelles blanches libres, anneau, volve à la base. Responsible de 90 % des décès fongiques en Europe. Quelques espèces excellentes — mais réservées aux experts.
Faux-plis décurrents (pas de vraies lamelles), couleurs vives, odeur fruitée. Une des familles les plus sûres — peu de confusions graves. Inclut la trompette de la mort.
Exsudent un lait (latex) à la cassure — blanc, orangé, bleuissant. Chair cassante (pas fibreuse). Le lactaire délicieux est un des meilleurs comestibles sous pins.
Chapeaux aux couleurs vives (rouge, violet, jaune, vert). Chair cassante sans latex. Famille difficile — de nombreuses espèces proches dont certaines très toxiques. La règle : goûter un fragment (cracher) ; si très âcre, rejeter.
Champignons à chapeau alvéolé ou en cupule. Spores produites dans des asques (sacs). Les morilles sont les meilleurs champignons de printemps — uniquement cuites.
Reconnaissables à leur cortine (voile en toile d'araignée). Lamelles changeant de couleur (violacées puis brun-rouille). Plusieurs espèces causent une insuffisance rénale irréversible à retardement.
La coulemelle (Macrolepiota procera) est excellente — grande, anneau mobile, pied serpentin. Mais les petites lépiotes (Lepiota brunneoincarnata…) sont mortelles. Règle : seules les grandes lépiotes à anneau mobile.
Champignons lignicoles en forme de coquille d'huître, poussant en touffes sur les bois morts. Pied excentrique ou absent. Famille sûre, largement cultivée, présente en hiver.
Grande famille hétérogène. Chapeau charnu, lamelles sinuées à échancrées, odeur farineuse souvent présente. Inclut le tricholome de Saint-Georges (excellent) mais aussi des espèces toxiques proches.
Se liquéfient en encre noire (autodigestion). Le coprin chevelu est excellent mais doit être consommé rapidement. Incompatible avec l'alcool pour le coprin noir d'encre.
Champignons à aiguillons (hydnes) ou à pores en labyrinthe (polypores). Le pied-de-mouton à aiguillons crémeux est excellent et sans confusion grave. Les polypores sont souvent coriaces.
Les critères morphologiques clés qui distinguent chaque famille.
| Famille | Face inférieure | Anneau / Voile | Chair cassante ? | Latex ? | Trait distinctif | Risque |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bolets | Tubes/pores | Non | Non | Non | Éponge sous chapeau | Faible |
| Amanites | Lamelles libres blanches | Anneau + Volve | Non | Non | Volve à la base | Mortel |
| Chanterelles | Faux-plis | Non | Non | Non | Rides décurrentes | Très faible |
| Lactaires | Lamelles | Non | Oui | Oui | Lait à la cassure | Modéré |
| Russules | Lamelles | Non | Oui | Non | Chair cassante sans lait | Modéré |
| Morilles | Aucune (alvéoles) | Non | Non | Non | Alvéoles réguliers | Cru = toxique |
| Cortinaires | Lamelles | Cortine | Non | Non | Toile d'araignée | Mortel |
| Lépiotes | Lamelles libres | Anneau | Non | Non | Anneau mobile (coulemelle) | Petites = mortel |
| Hydnes | Aiguillons | Non | Non | Non | Épines sous chapeau | Très faible |
Cliquez sur chaque partie pour comprendre son rôle dans l'identification.
Forme (convexe, étalé, infundibuliforme), couleur, surface (lisse, visqueuse, écailleuse), marge (unie, striée, enroulée). Le diamètre et la couleur varient avec l'âge — toujours observer plusieurs stades.
Séparable ou non ? Visqueuse par temps humide ? Sa texture et sa couleur sont des critères importants. Chez les russules, la cuticule se pèle facilement sur les bords.
La face inférieure du chapeau est le critère numéro un. Lamelles (feuillets), tubes/pores (bolets), faux-plis (chanterelles), aiguillons (hydnes). Couleur, densité, attachement au pied : libres, adnées, décurrentes.
Reste du voile partiel qui protégeait les lamelles. Présent chez les amanites et lépiotes. Mobile (coulemelle) ou fixe. Sa position sur le pied et sa texture sont diagnostiques.
Plein ou creux ? Réticulé (réseau en relief = bolets), serpentin (coulemelle), bulbeux (amanites) ? Sa base est souvent l'élément décisif — toujours déterrer le champignon entier.
Reste du voile général qui enveloppait tout le jeune champignon. Présente uniquement chez les amanites. Souvent enterrée — son absence NE GARANTIT PAS l'absence d'amanite (elle peut rester en terre).